Notre agriculture et notre viticulture

Anticiper plutôt que subir

Il y a un peu plus d’un an, l’agro climatologue Serge Zaka est intervenu au lycée de Briacé pour parler de l’avenir de l’agriculture face au changement climatique. Nous, nous y étions.

Son message était clair et basé sur des faits : le climat change déjà. Sécheresses, gels tardifs, maladies et sols fatigués ont un impact direct sur la rentabilité et la pérennité des différentes formes d’agriculture. Mais il a aussi rappelé une chose essentielle :

l’agriculture peut s’adapter, si l’on anticipe, si l’on protège les sols et si l’on ne laisse pas les terres agricoles partir à l’abandon.

Un contexte plus large qui fragilise agriculteurs et viticulteurs

Depuis, le contexte économique et commercial s’est encore tendu. Les discussions autour des accords internationaux, comme le Mercosur, renforcent un sentiment d’injustice chez de nombreux agriculteurs.

Ces accords mettent en concurrence nos productions locales avec des produits importés, souvent issus de modèles agricoles moins exigeants sur le plan social, environnemental ou sanitaire. Sans faire d’amalgame, ce contexte rappelle une chose simple :

plus les marchés sont instables et mondialisés, plus il devient important de sécuriser une part de notre alimentation localement, à une échelle que l’on maîtrise.

Ne pas abandonner les terres agricoles et viticoles

Sans construire, sans bétonner, ces terres peuvent retrouver un usage agricole. Selon les sols et l’eau disponible, il est possible d’y développer du maraîchage de plein champ, des vergers, de petits élevages, du pâturage léger, des prairies ou d’autres cultures diverses, possiblement adaptées au futur climat et à ses extrêmes, tout en respectant les paysages.

Soutenir l’agriculture et la viticulture locale ne signifie pas accepter n’importe quel modèle. Nous refusons clairement les serres maraîchères industrielles, très visibles, consommatrices d’eau, trop faiblement génératrices d’emploi et déconnectées du territoire. Ce modèle défigure les paysages et ne répond pas aux besoins locaux. Ce n’est pas souhaitable pour le Landreau.

    Une proposition concrète pour le Landreau

    Nous proposons de créer un groupe de travail associant agriculteurs, viticulteurs, personnels de cantine, parents et associations locales.

    Les objectifs sont simples et concrets :

    • Mieux maîtriser le coût des repas ;
    • Sécuriser des approvisionnements locaux ;
    • Travailler en complémentarité avec les agriculteurs du secteur ;
    • Étudier sérieusement la création d’une petite exploitation maraîchère municipale, à taille humaine.

    Cette exploitation aurait pour but d’alimenter les cantines de l’école publique et de l’école privée, de stabiliser les coûts dans la durée et de servir de support pédagogique pour les enfants. Elle n’a rien à voir avec une serre industrielle : taille maîtrisée, intégration paysagère, production locale pour un usage local.

      D’autres communes ont fait ces choix

      Ces orientations ne sortent pas de nulle part. D’autres communes ont déjà fait le choix de protéger leurs terres agricoles, de soutenir une agriculture locale et d’alimenter leurs cantines autrement.

      • À Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) : la commune a créé une ferme municipale qui fournit une grande partie des fruits et légumes pour les cantines scolaires, tout en maîtrisant les coûts et en développant un fort volet pédagogique.
      • À La Crèche (Deux-Sèvres) : une ferme maraîchère communale et citoyenne a été mise en place pour produire localement et alimenter la restauration collective, avec un objectif clair de circuit court et de qualité.
      • À Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire) : la commune a choisi une régie agricole communale pour approvisionner les cantines, en travaillant avec des agriculteurs locaux et en gardant la maîtrise publique du projet.

      Ces exemples montrent qu’il est possible d’agir concrètement, sans agriculture industrielle, et à des échelles très différentes.

        Une ligne claire

        Préserver les terres agricoles, refuser l’industrialisation des paysages, soutenir ceux qui travaillent la terre, maîtriser le coût des repas et préparer l’avenir alimentaire de nos enfants.

        C’est un choix réaliste, responsable, et déjà mis en œuvre ailleurs avec succès. À nous de l’adapter ensemble au Landreau, avec bon sens et en lien avec les acteurs du territoire.