À Nantes, ce mur existe déjà.
Sauras-tu dire où il se trouve ? 
Nous trouvons l’idée judicieuse et proposons de la décliner à
la mairie. Vêtements, objets utiles… un espace simple de don
et de solidarité. Un dispositif concret et encadré, qui peut
accueillir des vêtements et des objets du quotidien en bon
état, mais aussi d’autres formes d’entraide très pratiques.
Ce lieu peut aussi servir de point d’appui à des actions
organisées, comme un réseau de bénévoles pour le plan
canicule :
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signaler une personne isolée
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proposer une visite, un appel, un passage
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relayer les besoins vers le CCAS ou les associations
L’intérêt est aussi de faire circuler l’entraide entre
communes : échanges de dons quand un besoin est identifié
ailleurs, mutualisation de bénévoles lors des périodes
sensibles (canicule, grand froid), partage d’expériences et de
bonnes pratiques.
Comme tout espace partagé, cela suppose un minimum
d’organisation : un groupe référent ou des bénévoles
identifiés pour veiller au bon fonctionnement, à la qualité
des dons et éviter les dérives connues ailleurs.
Pour certains, ce type d’initiative relèverait d’une vision
naïve ou infantilisante.
Pour nous, il s’agit d’outils sociaux simples, appuyés sur des
mécanismes que la recherche en sciences sociales
documente depuis longtemps.
La science montre que rendre visibles les gestes solidaires
modifie réellement les comportements : normes sociales
visibles, réciprocité, imitation des comportements positifs.
En conseil municipal, l’idée a suscité des rires, sans doute
parce que ces mécanismes restent encore mal connus.
De notre côté, nous choisissons de nous appuyer sur les
faits, les études et la coopération entre communes, plutôt
que sur des caricatures.
les bienfaits des comportements de solidarité
Un pas plus loin
1. La création de « Capital Social »
Le concept de Capital Social, théorisé notamment par Robert Putnam et James Coleman, est l’un des bénéfices les plus documentés.
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Solidarité de « liage » (Bonding) : Elle renforce les liens à l’intérieur d’un groupe (famille, amis). Cela crée un filet de sécurité émotionnel et matériel immédiat.
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Solidarité de « pontage » (Bridging) : C’est le fait d’aider des inconnus ou des membres de groupes différents.
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Le bienfait sociétal : Plus une société a un capital social élevé (grâce à la solidarité), plus elle est résiliente face aux crises économiques ou naturelles. Les gens coopèrent au lieu de se piller ou de se concurrencer pour les ressources.
2. La théorie du « Don et Contre-don »
Le sociologue français Marcel Mauss, dans son célèbre Essai sur le don, explique que la solidarité crée un cycle permanent d’obligations mutuelles qui structurent la société.
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L’effet de réciprocité généralisée : Contrairement à une transaction commerciale où l’on se quitte une fois le paiement fait, l’acte solidaire crée un lien durable.
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Le bienfait relationnel : Cela génère un sentiment de reconnaissance et de dette positive. Ce cycle stabilise les relations sociales et empêche l’atomisation des individus (le fait de se sentir seul et séparé des autres).
3. La Confiance Interpersonnelle : Le moteur de l’économie
La solidarité est le principal moteur de la confiance, un facteur que les économistes (comme Yann Algan et Pierre Cahuc) étudient de près.
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Réduction des « coûts de transaction » : Dans une société solidaire, on a moins besoin de contrats complexes, de surveillance ou de procédures juridiques coûteuses parce que la confiance règne.
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L’effet de cohésion : Les comportements solidaires réduisent le sentiment d’injustice sociale. Quand les individus s’aident, le sentiment de frustration relative (se comparer négativement aux autres) diminue, ce qui réduit la violence sociale et les incivilités.
